Un Défi ou Un Écrit #9: Vœu de Silence...

"Nous avons parlé pour énoncer nos sentiments. Nous avons également réfléchi à ces paroles que l'on entend mais que nous ne sommes pas obligés de continuer à répandre.
Parfois nous parlons trop. Parfois nous parlons inutilement. Parfois nous  parlons pour ne pas entendre. Essayons de nous retrouver en silence..."
Pour cela, cette semaine, Agoaye nous a proposé d'approfondir, de façon un peu plus poussée, la réflexion des « Trois Tamis » abordée la dernière semaine, et d'ouvrir celle du « Vœu de Silence », avant de tourner la page sur le thème « Dévoiler la Sincérité »...


Agoaye nous a, donc, suggéré de continuer la réflexion des 3 Tamis et l'étendre aux paroles spontanées qui nous viennent de temps en temps...
La spontanéité est, par définition, un trait de personnalité qui évoque la franchise, l'authenticité et l'enthousiasme dans ce qui est entrepris et dit. Un trait de caractère qui nous amène à exprimer sans façon ce que l'on pense et agir instinctivement, dans la foulée, souvent de façon "brute de décoffrage. Dans le principe de la spontanéité, il arrive que l'on réagit spontanément lors d'échanges, souvent on répond un peu à l'emporte-pièce, de façon un pêle-mêle sans trop structurer.
On a tous entendu, enfant (et peut être encore aujourd'hui) cette remarque "Il faut tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler."  Mais c'est bien plus facile à dire qu'à mettre en pratique pour certains d'entre nous. Parler spontanément a malheureusement parfois de mauvais côtés.
Quelques fois ou souvent, nous parlons sans réaliser l'impact de nos paroles qui sortent de notre bouche. Certains propos peuvent être mal interprétés, donner une impression qui ne serait pas forcément celle que l'on souhaite et blesser sans le vouloir. La spontanéité a une connotation qui démontre, certes, une certaine fraîcheur et un certain dynamisme mais il est important de prendre en compte la résonance de nos mots. C'est pourquoi, il faut trouver un juste équilibre entre les deux. Il ne faut pas ne plus parler du tout mais simplement se poser la question de l'impact de nos paroles afin de trouver cet équilibre. 
Avec le temps, l'âge et la réflexion, j'ai tendance, depuis un moment, à mûrir mes paroles et peut être moins spontanée que je ne l'étais avant. J'ai à plusieurs fois vécue cet impact des paroles dont on ne contrôle pas toujours. Peut-être suis-je devenue plus sage également ?
Par contre, j'avoue que lorsque mon émotivité et ma sensibilité s'en mêlent, il m'est bien plus difficile d'être réfléchie dans mes propos.
Mais je crois sincèrement que la spontanéité peut être réfléchie sans forcément être dénaturée et non authentique. Je pense que l'on peut s'exprimer de façon spontanée en structurant sa pensée et son langage sans rien n’enlever à la spontanéité de ses propos tout en respectant autrui. L'important est de l'utiliser à sa façon qui lui est propre tout en restant nature et dans la réalité de ce que l'on veut exprimer mais en mesurant la résonance de nos propos.

Nous devions choisir de réduire très significativement nos paroles cette semaine et de nous concentrer sur l'observation et l'écoute, de nous mais aussi des autres...
L'écoute a toujours été quelque chose de naturel chez moi, surtout pour mes proches. Il y a quelques jours, au détour d'une conversation, mon Amie m'a dit que, les années passées, elle est encore et toujours surprise de cette facilité que j'ai et que j'ai toujours eu à écouter les autres... que selon elle c'est une énorme qualité qu'elle admirait et qu'elle se demande, parfois, comment j'arrivais à tenir car il arrive même que je tienne le rôle de "boule anti-stress" pour certains. Cette conversation m'a, je dois l'avouer, un peu déconcertée. Je me demande parfois si je ne deviendrais pas une éponge mais je ne pense pas arriver à être différente... Mais je pense avoir encore quelques efforts à faire qu'en au fait de m'écouter moi-même...
Observer autour de moi est une chose dont j'ai appris l'importance et que j'apprends depuis quelques temps... Observer ce qui ne se dit pas, ce que l'on ne dit pas... Quelques jours chez et avec des amis que je ne vois pas très souvent a été l'occasion de pourvoir remarquer la fatigue et la douleur que mon Amie essaye tant bien que mal à dissimuler, les yeux rouges et la mutisme de mon filleul pendant le voyage ou encore l'épanouissement d'un ami.Je pêche un peu plus, par contre, quand il s'agit de moi-même mais je peux toujours compter sur mon corps qui a, fortement tendance à me faire comprendre ce que je refuse de voir... comme la fatigue ou une plus grande anxiété... A côté de ça, c'est en m'observant, moi, que je me suis vite rendue que quelque chose clochait quand mes TOC ont commencé à s'installer l'an dernier et c'est ce qui m'aide à y remédier.

Si c'était possible, nous devions nous aménager des moments où nous faisions Vœu de Silence... Quelques heures par jour où le silence serait une force de guérison et il nous nourrirait...
Le silence est souvent rejeté ou oublié. On le considère comme inutile et oppressant, il fait peur alors qu'il peut apporter beaucoup, énormément. Mais il faut pas confondre silence et mutisme qui lui est rempli d'amertume alors que le silence est un moment privilégié à l'abri des nuisances sonores d'un environnement bruyant perturbant d'ondes négatives et envahissantes... une déconnexion du brouhaha ambiant auquel nous sommes habitués.
Le vœu de silence est un choix libérateur, une ouverture d'esprit afin de réapprendre à apprécier, à écouter et admirer duquel on ressort souvent grandi en humanité. Il est souvent lié à la méditation que j'essaye d'adopter mais ce n'est pas chose facile. Personnellement, cela fait quelques mois que je me suis rendue compte avoir besoin de ces moments de silence et de calme pour moi afin de réfléchir, penser et surtout me retrouver moi-même mais j'en ai également besoin pour écouter et contempler. Ces moments sont nécessaires à mon équilibre. Même si j'arrive à m'accorder des moments pour cela, j'avoue que cela reste encore trop peu par rapport à ce dont j'ai besoin et ce dont j'aimerais.



Et voilà aujourd'hui nous fermons le chapitre «Dévoiler la Sincérité» de Février pour ouvrir celui du mois de Mars dont le thème sera «Oser Créer»... ^^
 
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Commentaires

  1. J'ai tenté de relever le défi, pas évident, surtout quand on est maman ;-)

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    1. Je me doute qu'avec des enfants ça doit être plus difficile !

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  2. C'est un truc qui me fait parfois défaut : observer et réfléchir avant de laisser échapper un commentaire (trop) spontané... pourtant, effectivement, avec l'âge cela va mieux... Bisous

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    1. Avec l'âge, on est sûrement plus réfléchi...
      J'avoue que quand les émotions s'en mêlent, ça m'est plus difficile !

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  3. A près de 45 ans, j'ai encore souvent du mal à tourner la langue dans ma bouche avant de parler... en fait, c'est (sans généraliser) tout l'un ou tout l'autre... ça sort tout seul... ou ça ne sort pas...

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    1. Mais ça doit faire du bien parfois ! :)
      Je ne doute pas qu'après 45 ans ce ne soit pas dans le but de faire mal gratuitement !! ;)

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  4. C'était pas facile mais c'est vrai que le silence est nécessaire...

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    1. Je pense aussi que parfois il est nécessaire !
      Avec le temps on apprend de plus en plus à l'apprécier !

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  5. Merci pour ton billet. En effet (et je m'en rends bien compte, particulièrement en ce moment), il est beaucoup plus facile d'éprouver bienveillance et écoute à autrui qu'à soi...

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